Abidjan, le mardi 10 février 2026(LDA)-Les Africains restent profondément attachés aux élections comme mode de désignation de leurs dirigeants, mais la confiance envers les institutions chargées de les organiser s’effrite. C’est l’un des principaux enseignements du nouveau Profil panafricain d’Afrobarometer, rendu public le 9 février 2026 à Accra, au Ghana.
Basée sur 50 961 entretiens réalisés dans 38 pays africains en 2024 et 2025, l’enquête révèle que 74 % des citoyens soutiennent le choix des dirigeants par des élections régulières, libres et transparentes. Un attachement largement partagé sur le continent, même s’il marque un recul par rapport à la dernière décennie.
Les Africains rendent massivement aux urnes
Dans les faits, les Africains continuent de se rendre massivement aux urnes. Sept citoyens sur dix (71 %) déclarent avoir voté lors des dernières élections nationales. La participation est particulièrement élevée chez
les personnes âgées de plus de 55 ans, les habitants des zones rurales, les hommes et les citoyens sans éducation formelle.
Plus de la moitié des personnes interrogées (55 %) estiment que les dernières élections dans leur pays se sont déroulées de manière globalement libre et transparente, même si 36 % expriment un avis contraire. Sur le long terme, la perception de l’intégrité des scrutins s’est néanmoins dégradée, avec une baisse de sept points de pourcentage depuis 2014 dans les pays régulièrement sondés.
Si les élections restent plébiscitées, la confiance dans les organismes chargés de leur organisation demeure faible. Seuls 38 % des Africains disent faire partiellement ou totalement confiance à leur commission électorale nationale. Un chiffre qui met en lumière un déficit de crédibilité institutionnelle, susceptible d’alimenter les tensions électorales.
Par ailleurs, une minorité non négligeable de citoyens déclare avoir craint des violences, des intimidations ou des pressions durant les campagnes électorales. Certains doutent également du caractère réellement secret de leur vote.

Décalage entre électeurs et action politique
L’enquête souligne un décalage entre les attentes des électeurs et la perception de l’action politique. Plus de trois quarts des Africains (77 %) estiment que les élus devraient répondre en priorité aux demandes des citoyens, plutôt que de suivre leurs propres orientations politiques. Pourtant, seuls 17 % pensent que leurs députés écoutent souvent ou toujours les préoccupations des populations.
Un constat qui pose la question de l’efficacité des élections comme outil de redevabilité démocratique, au-delà du simple acte de vote.
Afrobarometer, un baromètre de la démocratie africaine
Afrobarometer est un réseau panafricain indépendant spécialisé dans les enquêtes d’opinion sur la démocratie, la gouvernance et la qualité de vie en Afrique. Depuis 1999, dix rounds d’enquêtes ont été réalisés dans jusqu’à 45 pays, fournissant des données de référence largement utilisées par les décideurs, chercheurs et acteurs de la société civile.
Auteur: OM