Abidjan, le dimanche 5 octobre 2025(LDA)-À trois semaines du scrutin présidentiel du dimanche 25 octobre, le candidat indépendant, Ahoua Don Mello, a accordé un entretien exclusif à la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI), le samedi 4 octobre 2025. L’ancien ministre de l"Équipement et de l'Assaisonnement de Laurent Gbagbo(2010-2011) y a exposé sa vision pour la Côte d’Ivoire : réconciliation nationale, souveraineté économique, réforme monétaire, développement industriel...
Ahoua Don Mello se dit confiant et déterminé: « Je me sens prêt, serein et déterminé ». Pour lui, la Côte d’Ivoire, comme l’Afrique et le monde, se trouve à « un moment charnière » où les idées se renouvellent et les peuples aspirent à un nouveau modèle de développement.
« Je vais à cette élection pour proposer mes idées, éclairer les Ivoiriens sur les enjeux actuels et futurs, et leur offrir une alternative crédible », affirme-t-il.
Relativement aux réactions sur sa candidature confiée symboliquement au PPA-CI (Gbagbo), Tidjane Thiam(PDCI) et Affi N’Guessan(FPI), l'ex-collaborateur de Laurent Gbagbo a réagi avec humour : « Certains ont jugé ce choix inopportun, mais cela me fait sourire. L’histoire du PDCI, par exemple, est marquée par des idéaux venus de l’Est. Dire que je ne viens pas du bon axe, c’est ignorer l’histoire même de ce parti. »
Aujourd’hui candidat indépendant, il justifie ce choix par la nécessité de redonner la parole au peuple. « La démocratie ne doit pas être confisquée par les partis politiques. Le peuple doit avoir voix au chapitre. », a-t-il soutenu.
En cas d’accession à la magistrature suprême, Ahoua Don Mello entend prendre trois premières mesures fortes: (1) une amnistie générale pour apaiser le climat politique et social, (2) la création d’un Conseil des Sages, une institution d’inclusion nationale regroupant d’anciens chefs d’État, les grandes formations politiques, les autorités religieuses et la société civile et(3) une réforme profonde de l’économie pour restaurer la souveraineté monétaire et industrielle.
« Depuis 1884, notre économie exporte des matières premières et importe des produits finis. Cela doit cesser. Nous devons passer à une économie de transformation et de matière grise », a indiqué M. Don Mello. Et d'ajouter : « Sur 400 000 diplômés par an, seuls 5 000 ont un emploi durable. ».
Concernant la question monétaire, l'homme des BRICS a martelé : « Le franc CFA demeure un outil de dépendance’’ auquel il faut impérativement mettre fin. Et de justifier sa posture en ces termes : ‘’ Nos réserves sont logées à l’étranger, ce qui empêche tout investissement autonome. Tant que nous n’aurons pas une souveraineté monétaire, nos politiques économiques resteront dictées de l’extérieur.»
Ahoua Don Mello n'a pas manqué d'évoquer la récente hausse du prix du cacao(2 800 FCFA le kilo) et le café (1700 FCFA/ kg), mais la juge encore insuffisante.
« Le vrai problème, c’est que la plus grande part de la valeur ajoutée échappe encore au producteur. Pour lui, il faut permettre aux paysans et à leurs enfants d’accéder à la transformation locale du cacao", a-t-il insisté.
Une fois aux affaires, il promet de faire passer les paysans de la plantation à l’entreprise agricole, en formant une nouvelle génération capable de produire, transformer et commercialiser sur place.
Sur le plan sécuritaire, il prône une refonte du dispositif national et la création d’une industrie de défense locale, afin que la Côte d’Ivoire assure seule sa sécurité, tout en coopérant avec d’autres partenaires sur la base d’intérêts mutuels.
Au terme de cet entretien, l’ancien ministre et Directeur Général du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD-2000 à 2011) s’est présenté comme le candidat de l’alternance, porteur d’un projet de réconciliation, de souveraineté et d’émancipation économique.
Auteur: Auguste Beugré