Affaire Forum des marchés d'Adjamé doit 11 milliards FCFA à Mohamed Saidi : Farikou Soumahoro (PCA de la FENACCI): " Si l'Etat paie les 11 milliards FCFA,(…) nous ne sommes pas prêts à rembourser..."

Abidjan, le lundi 6 avril 2026(LDA)-Farikou Soumahoro, président du conseil d'administration de la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d'Ivoire-FENAC-CI s'est prononcé sur l'affaire "Forum des marchés d'Adjamé doit 11 milliards FCFA à MOHAMED SAIDI", lors d'une conférence de presse le lundi 6 avril 2026, à Abidjan.

Selon le PCA de la FENACCI, cette conférence, constituant le point de départ de plusieurs actions à venir, fait suite à une convocation de l'Agent judicaire de l'Etat de Côte d'Ivoire, qui a convié la mairie d'Adjamé, les représentants des commerçants du forum des marchés d'Adjamé, ainsi que le partenaire de service SICG à une réunion, le jeudi 2 avril 2026. Au cours donc de cette rencontre, il a été notifié aux représentants des commerçants le paiement de 11 milliards FCFA au profit de MOHAMED SAIDI', patron de la société ivoirienne de concept et de gestion-SICG, qui a construit le "Forum des marchés d'Adjamé". Laquelle somme devra permettre de régler définitivement un litige opposant la SICG aux commerçants du forum depuis plusieurs années.

Il reste convaincu que cette décision administration est injuste, inéquitable et aura des conséquences graves sur les commerçants, mais aussi l'ensemble des acteurs des marchés de proximité du pays. "Si une telle décision venait à être entérinée, créerait un précédent dangereux, consacrant la primauté des intérêts particuliers d'un prestataire sur ceux d'une corporation entière, pourtant essentielle à la vitalité économique nationale et à la mobilisation des ressources de l'Etat", a-t-il dénoncé.

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Or, a-t-il fait savoir, le ministre du Budget et du Portefeuille de l'Etat d'alors, Abdourahmane Cissé, avait retiré cette démarche, jugée contraire aux principes de bonne gouvernance. Avant de s'interroger: " Quelles suites ont été réservées aux conclusions du comité de crise mis en place à la suite de la suspension du mot d'ordre de grève lancé en février 2018 par la FENACII dans les marchés d'Adjamé ?, A quel niveau se situe, à ce jour, le traitement du dossier transmis à l'inspection générale (IGE) ? et qu'en est-il de la nécessité de l'arrêté d'écriture, afin d'établir un état définitif et contradictoire des paiements effectués par les commerçants ? " M. Soumahoro a insisté sur l'utilité de l'arrêté d'écriture, afin de faire connaître la vérité dans cette affaire. Avec ce document, " on pourra se rendre compte que ce ne sont pas les commençants qui doivent à monsieur SAIDI, mais plutôt lui qui doit aux commerçants", a-t-il soutenu.

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En outre, Farikou Soumahoro a confié que l'Etat entend payer les 11 milliards FCFA au patron de la société SICG; alors que la grande majorité des commerçants a fini de solder ce qu'elle doit à Monsieur Saidi. "Il réclame 11 milliards FCFA sur quelle base ? ", a-il questionné. Et de laisser entendre : " Si l'Etat paie qui va rembourser, ce sont bien les commerçants; nous ne sommes pas prêts à rembourser et nous ne pouvons pas accepter cela". C'est pourquoi, il se sent sidéré de voir que l'Etat veut cautionner l'action du prestataire au détriment des 500 commerçants du forum qui jouent un rôle préponderant dans l'écosystème économique du pays, et surtout renflouent les caisses de l'Etat en payant leurs taxes. Il a relevé des problèmes similaires avec plusieurs marchés du pays du fait du même prestataire, notamment le marché Djèkonan de Koumassi, le Grand marché de marcory, le Grand marché d'Attécoubé et le marché de Man. Le PCA de la FENACCI a terminé en lançant un appel aux autorités ivoiriennes, demandant l'annulation définitive des prétentions de la SICG, afin de rendre justice aux commeràants, la mise en ouvre d'une operation regulation et de valorisation des espaces marchands et le renforcement de la production sociale des commercàants par un appui structuurel de la mutuelle des commercàant de Côte d'Ivoire.

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C'est en 1997, après un incendie, qu'une convention de bail d’une durée de 25 ans avec Mohamed Saidi, PDG de SICG,a proposé en son temps aux commerçants sinistrés le financement de la construction de leurs magasins avec la signature du maire Pierre Amondji. En retour, l’entrepreneur sera le bénéficiaire des droits de jouissance pendant une durée 25 ans, après la fin des travaux. Le coût de rachat de ces droits variait de 5 millions FCFA à 18 millions FCFA. Cependant, à la fin des travaux, le promoteur leur annonce que leurs apports financiers n’étaient en réalité que des « pas de porte ». Ils ont été obligés de payer des loyers qui oscillent entre 75 mille FCFA ET 150 mille FCFA. M. Saidi qui a gagné un procès contre 9 commerçants dans cette affaire pour non-paiement de loyers en 2013 estime que les commerçants lui doit encore la somme de 11 milliards FCFA. Ce marché dont le coût est estimé à 12 milliards FCFA a été inauguré en mars 2001. L'un des plus grands marchés de l'Afrique de l'Ouest, il est construit sur 1,5 hectare et accueille plus de 13 mille places.

 

 

 

Auteur: DC

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