Noumory Sidibé, DG de Côte d’Ivoire Énergie, rassure : "Nous travaillons avec transparence pour que chaque citoyen ait accès à une fourniture d'électricité fiable »

Abidjan, le mardi 24 mars 2026(LDA)-Noumory Sidibé, Directeur Général de Côte d’Ivoire Énergie, était l’invité de l’émission La Quotidienne Info du lundi 23 mars 2026 sur la Nouvelle chaine ivoirienne(NCI). Au cœur des échanges, un sujet qui fait jaser plus d’un : les coupures d’électricité, leurs impacts sur la vie des ménages et les réponses attendues des autorités ivoiriennes. Morceaux choisis d’un échange avec Alassane Drabo, journaliste à NCI.

NCI : Depuis plusieurs semaines, Abidjan et d’autres villes de l’intérieur subissent des coupures intempestives d’électricité. Cela perturbe la vie des ménages et fragilise l’économie. Comment expliquer cette situation ?

Noumory Sidibé : Je tiens d’abord à exprimer mon empathie envers nos compatriotes victimes de ces difficultés. Le système électrique ivoirien est une mission de service public conduite par l’État via le ministère de l’Énergie. Côte d’Ivoire Énergie est chargée de la planification et de la réalisation des travaux, tandis que la CIE assure la distribution et la commercialisation. Nous avons aussi des producteurs privés, principalement alimentés par le gaz, et l’État a investi dans des ouvrages comme les barrages de Soubré et Gripo Popoli, ainsi que la centrale solaire de Boundiali.

NCI : De nombreux Ivoiriens confondent les rôles entre Côte d’Ivoire Énergie et la CIE. Pouvez-vous clarifier le rôle de chaque entité ?

Noumory Sidibé : Côte d’Ivoire Énergie planifie et réalise les investissements publics. La CIE, elle, transporte, distribue et commercialise l’électricité. À côté, il existe un régulateur qui veille au respect des règles et protège les consommateurs. Les producteurs privés (Azito, Ciprel, etc.) transforment le gaz en électricité. L’État, depuis 2017, est aussi producteur à travers ses barrages et centrales.

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NCI : Quelles réalisations ont été faites ces dernières années ?

Noumory Sidibé : Nous avons doublé la capacité installée, passant de 1 391 MW à plus de 3 200 MW. Nous avons construit 26 nouveaux postes haute tension, 3 041 km de lignes supplémentaires, et électrifié 6 600 nouvelles localités. Le nombre d’abonnés est passé de 1,1 million à plus de 5,3 millions. Le taux de couverture nationale est désormais de 98 % des localités administratives.

NCI : Alors pourquoi ces coupures persistent-elles ?

Noumory Sidibé : Le choix politique a été de démocratiser rapidement l’accès à l’électricité. Cela nous a amenés à la limite de capacité technique. En temps normal, le système tient, mais lorsqu’un événement exogène survient, comme une vague de chaleur exceptionnelle, cela provoque des déséquilibres. Depuis trois ans, nous connaissons des records de température, ce qui entraîne une hausse de la demande bien au-delà des prévisions. En février, la consommation a augmenté de 14 % par rapport à l’année précédente, alors que nous travaillons sur une base de 6 à 8 %.

NCI : La production est-elle suffisante ?

Noumory Sidibé : Oui, nous avons de la capacité de production et même une marge. Le problème se situe surtout au niveau du réseau de transport et de distribution, qui doit être renforcé pour absorber cette demande exceptionnelle.

NCI: Quelles perspectives pour l’avenir ?

Noumory Sidibé : Un plan directeur 2022-2040 est en cours, identifiant les projets nécessaires pour répondre à la croissance de la demande. L’État mobilise des ressources pour améliorer la qualité du service et protéger les ménages. Nous travaillons avec transparence pour que chaque citoyen ait accès à une fourniture d'électricité fiable.

 

Auteur: Auguste Beugré

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