Bitumage Mankono – Zuénoula : le financement bouclé, les bailleurs à Abidjan

Abidjan, le dimanche 8 février 2026(LDA)-Les choses se précisent de plus en plus et s’accélèrent autour du bitumage de l’axe Mankono–Zuénoula. Longtemps annoncé, souvent espéré, le projet entre désormais dans sa phase décisive avec un financement structuré. La Diplomatique d’Abidjan (LDA, www.ladiplomatiquedabidjan.net ) apprend de source proche du dossier l’arrivée prochaine à Abidjan des principaux partenaires techniques et financiers, à savoir la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures (AIIB).

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Un axe stratégique pour le désenclavement du Béré

L’axe concerné s’inscrit dans le Programme de Désenclavement des Zones Transfrontalières et Agricoles, notamment sa deuxième phase qui porte sur l’itinéraire Zuenoula–Kongasso–Mankono. Cet axe stratégique, d’environ soixante kilomètres, constitue un maillon essentiel pour l’intégration économique du Nord-Ouest ivoirien. En complément de l’axe Dianra–Bouandougou, long de 113 kilomètres et financé par la Banque mondiale, il permettra un désenclavement quasi-total de la région du Béré.

 

Pour les populations locales, l’enjeu dépasse largement la simple amélioration du confort routier. Mankono, zone de forte production d’anacarde, est restée pendant des décennies partiellement isolée du reste du pays. La ville a été reliée par le bitume à partir de Tiénigoué en 2020, puis à Séguéla plus récemment, mais l’axe vers Zuénoula demeure crucial pour assurer une continuité logistique efficace vers le centre et le sud du pays.

Un montage financier désormais consolidé

Sur le plan financier, le montage du projet est désormais consolidé. La Banque Africaine de Développement et la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures interviennent en cofinancement aux côtés de l’État ivoirien. Le coût global du projet estvestimée à 149,5 millions d’euros (≈ 98,2 milliards FCFA), dont 84,8 millions d’euros pour l’AIIB, 63,5 millions d’euros pour la BAD, et une contribution de l’État ivoirien à environ 1,2 million d’euros.

L’AIIB se positionne comme un bailleur majeur tandis que la BAD apporte son expertise technique et son rôle structurant dans la coordination du projet.

Au-delà des chiffres, l’impact socio-économique attendu est considérable. Le bitumage permettra une réduction significative des coûts de transport, une meilleure fluidité des échanges commerciaux et une valorisation accrue des productions agricoles, notamment l’anacarde dont le Béré est un bassin important. L’amélioration de la connectivité facilitera également l’accès aux services sociaux de base, notamment la santé et l’éducation, pour des milliers de populations rurales.

Des impacts sociaux encadrés et des perspectives concrètes

Comme tout projet d’infrastructure de cette envergure, des mesures d’indemnisation et de gestion environnementale sont prévues. Des études d’impact environnemental et social ont été réalisées afin d’identifier les personnes affectées et de prévoir les compensations nécessaires pour les terres, cultures et biens impactés. Les partenaires financiers exigent le respect des normes internationales en matière de sauvegardes sociales et environnementales, garantissant un encadrement rigoureux du processus.

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Avec le bouclage du financement et la mobilisation des bailleurs, le calendrier devrait désormais s’accélérer. Les autorités entendent engager rapidement les procédures opérationnelles pour un démarrage effectif des travaux. Pour la région du Béré, ce projet symbolise bien plus qu’un chantier routier. Il représente une promesse d’intégration, de compétitivité et de transformation économique durable.

 

 

 

 

Auteur: MT

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