Soutenance Thèse de Doctorat en histoire contemporaine : Gnolou Hermance Grâce analyse le rapport entre société civile et politique en Côte d’Ivoire

Abidjan, le mardi 16 décembre 2025(LDA)-Mlle Gnolou Gbessi Hermance Grâce a soutenu sa thèse unique de doctorat en histoire contemporaine intitulée : « Société civile et vie politique en Côte d’Ivoire de 1990 à 2011 », le jeudi 20 novembre 2025, à l’École doctorale « Société, Communication, Arts, Lettres et Langues » de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody. Ses travaux portent sur l’évolution des relations entre la société civile ivoirienne et la sphère politique.

Selon Mlle Gnolou Gbessi, la société civile moderne ivoirienne émerge au début des années 1990, dans un contexte marqué par l’ouverture au multipartisme et l’essor de la démocratie participative. Grèves, manifestations syndicales et mouvements estudiantins ont alors joué un rôle déterminant. L’objectif était d’amener le régime du PDCI-RDA (unique d'alors) à autoriser la création de partis politiques et à permettre une évaluation neutre des progrès démocratiques.

Cependant, elle observe qu’à partir de 2011, la société civile traverse une phase de désorganisation et d’affaiblissement, conséquence directe de la crise postélectorale. Certaines organisations sont accusées de partialité en raison de leurs prises de position publiques ; d’autres voient leurs responsables nommés à des postes politiques, tandis que quelques-unes tentent, non sans difficulté, de restaurer la cohésion sociale.

« Depuis 2011, la société civile ivoirienne connaît une véritable décadence, non pas morale, mais comme un affaiblissement profond de ses capacités d’action et d’expression », soutient Grâce Gnolou.

A partir d'une approche historique, la chercheuse s’interroge sur la transformation d’une société civile initialement observatrice de la vie politique, devenue progressivement un acteur majeur entre 1990 et 2011.

La docteure en Histoire rappelle qu’au début des années 1990, la démocratie ivoirienne était en construction. Face aux crises militaro-politiques, la société civile a dû adapter ses méthodes et ses modes d’intervention. « La période de crise a contraint la société civile à revoir ses stratégies », note-t-elle.

La candidate conclut que la société civile a joué un rôle essentiel dans la vie politique ivoirienne durant cette période. Elle souligne également que la crise de confiance entre cette société civile et le pouvoir politique a renforcé une volonté de rupture. Entre 1990 et 2011, la quête de légitimité a conduit les organisations à mener des combats souvent similaires. À partir des années 2000, plusieurs structures voient le jour : certaines demeurent neutres, mais d’autres adoptent des positions proches de partis politiques.

L’éclatement de la crise politico-militaire de 2002, divisant le pays en deux, favorise l’apparition au Sud de mouvements de soutien au parti au pouvoir, le FPI. Ces mouvements restent actifs jusqu’à la chute de Laurent Gbagbo en 2011, avant de s’éteindre et de laisser place à des ONG collaborant avec des organismes internationaux.

À l’issue de la soutenance, le jury présidé par le professeur Konin Séverin ( Professeur Titulaire d'Histoire du Moyen-åge), et composé du Pr Yapi Yapi André Dominique, Professeur titulaire d'histoire contemporaine (directeur de thèse), des Dr ( MC) Assouanga Kouakou Laurent et N’Goran Gédéon, maîtres de conférences en Histoire des Relations internationales (rapporteurs), ainsi que du Pr Dayoro Arnaud Kévin, Professeur titulaire de Sociologie (examinateur), a salué la qualité des travaux de Mlle Gnolou Gbessi Hermance Grâce et lui a décerné la mention Très honorable, faisant d'elle docteure en Histoire.

 

Auteur: Eugène Yao

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