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Finale CAN Maroc 2025 : la panenka manquée de Diaz remet au grand jour l'historique des réussites ou ratées de ce geste technique inventé par Antonin Panenka

Abidjan, le lundi 19 janvier 2026 (LDA)- Il aura marqué la CAN 2025 de son empreinte, avant que son destin ne bascule en une fraction de seconde. Meilleur joueur marocain et meilleur buteur du tournoi, Brahim Díaz est aujourd’hui le visage de la frustration des Lions de l’Atlas, battus en finale après un pénalty à la panenka manqué face à Édouard Mendy.

À quelques minutes de la fin d’une finale sous très haute tension, après 20 minutes d'interruption du jeu, le milieu offensif du Real Madrid a tenté une panenka. Un geste osé, mal exécuté, facilement capté par le gardien sénégalais. Une occasion unique envolée, et avec elle l’espoir d’un deuxième sacre continental du Maroc depuis plus d’un demi-siècle. La scène restera inoubliable.

Díaz, en larmes, recevant son Soulier d’Or (5 buts), trahissait toute la détresse d’un joueur conscient du poids de son geste. Révélation du tournoi, il en devient paradoxalement le coupable désigné aux yeux d’une partie du public, dans un pays où la passion peut rapidement se transformer en jugement implacable.

Pourtant, l’hypothèse d’un geste volontairement manqué est fermement écartée. « Il a tenté un pari technique dans un contexte de pression extrême », analyse Philippe Guilbaud, journaliste à La Voix des Sports. « Ce n’est pas un acte délibéré, il a simplement échoué. » La panenka, geste mentalement exigeant, suppose que le gardien plonge. Ce ne fut pas le cas.

Le sélectionneur Walid Regragui a lui aussi dédramatisé cette action. « Il a eu beaucoup de temps avant de tirer, ça a dû le perturber. Il a déjà marqué des pénaltys dans ce tournoi. Aujourd’hui, il l’a raté. Ça fait partie du football », a-t-il déclaré, sans chercher d’excuses.

Ce nouvel échec ravive le souvenir douloureux des pénaltys manqués dans l’histoire récente du Maroc : Hakim Ziyech en 2019 face au Bénin, Achraf Hakimi en 2023 contre l’Afrique du Sud. Une série noire qui alimente le sentiment d’une malédiction persistante.

Le Maroc, qui espérait un deuxième sacre continental à domicile, devra encore patienter. Désormais, Walid Regragui et ses hommes sont appelés à tourner la page et à se projeter vers le prochain grand objectif : la Coupe du monde.

Pour Brahim Díaz, la CAN 2025 restera une tragédie sportive complète : la révélation, la consécration individuelle, puis la chute. Entre génie et erreur fatale, le football a une fois de plus montré sa cruauté.

Antonin panenka : l’inventeur de la panenka

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Antonín Panenka, footballeur tchécoslovaque, a inventé le célèbre penalty « panenka » lors de la finale de l’Euro 1976 contre l’Allemagne. Lors d’une penalty qu’il devrait excuiter, il a piqué le ballon au centre du but pour offrir la victoire à son équipe. Mise au point à l’entraînement avec son gardien Zdeněk Hruška, cette technique audacieuse visait à surprendre les portiers. Devenu un geste mythique, il a été repris par de nombreux grands joueurs comme Zinédine Zidane ou Sergio Ramos. Panenka a affirmé n’avoir jamais manqué ce tir en match officiel.

Les panenkas manquées

Depuis l’invention de ce geste technique audacieux, plusieurs joueurs s’y ont essayé et ont échoué. Ces panenkas manquées concernent surtout des moments à forte pression (finales, quarts, séances de tirs au but), impliquant des joueurs renommés comme Éric Cantona(3e de finale de coupe de France 1989 face à l’As Beauvais Oise), Franck Ribéry(Bundesliga avec le Bayern Munich face à Stuttgart en 2009), Lionel Messi( 2024 en Copa América au stade des quart de finale face à l’Équateur) et lors d'un match de Major League Soccer (MLS) contre le Charlotte FC, le 13 septembre 2025, Bukayo Saka(2025 League des Champions face au Réal Madrid) ou le plus récent avec Brahim Díaz , lors de la finale de la CAN Maroc 2025. Elles sont soient stoppés par des gardiens restés sur leurs appuis ou par un manque de précision.

Les panenkas réussies

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À l’inverse, les panenkas réussies ont forgé la légende de ce geste depuis celle d’Antonín Panenka en 1976. De nombreux grands noms du football l’ont exécutée avec succès, lors de matchs décisifs : Zinédine Zidane( lors de finale de la Coupe du monde 2006 face à l’Italie Voir la vidéo), Andrea Pirlo (Euro 2012 en 1/4 de finale face à l’Angleterre), Sergio Ramos ( Euro 2012 1/2 finale face au Portugal), Lionel Messi (Liga Espagnol en 2015), Achraf Hakimi((1/8 de finale de Coupe du monde 2022 face à l’Espagne) ou Karim Benzema(Ligue des Champions 2022 en 1/2 finale face à Manchester City), faisant de la panenka un symbole d’audace, de sang-froid et parfois de génie.

Au final, la panenka reste un tir aussi spectaculaire que risqué, capable de glorifier un joueur comme de le marquer psychologiquement en cas d’échec.

 

Auteur: Joseph Baldé