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Côte d’Ivoire-Attaques et enlèvement à Téhini : le journaliste Serges Daniel fait des précisions sur le mode opératoire des assaillants

Abidjan, le vendredi 29 août 2025(LDA)-Dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 août 2025, des individus armés non identifiés ont fait une incursion à Difita, un village du département de Téhini, dans le nord ivoirien, et ont fait 4 morts, avant de prendre la fuite, selon une note d’information de l’état-major général des armées ivoiriennes. Et dans la matinée du dimanche 24 août 2025, six agents de la Direction d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides (DAARA) en mission de recensement de familles déplacées, dans les localités de Kalan 1 et Kalan 2, situées à la frontière avec le Burkina Faso, dans la sous-préfecture de Tougbo (département de Téhini) ont été enlevés par une faction de Volontaires pour la patrie (VDP) burkinabè. Invité de de l’émission La Quotidienne Info de NCI du jeudi 28 août 2025, le journaliste franco-béninois, correspondant de France 24I, Serges Daniel, spécialiste des questions terroristes, s’est prononcé sur les deux évènements en duplex.

Pour le journaliste, spécialiste de la région, il ne s’agit pas d’attaques terroristes pour deux raisons. « Dans la sous-région, il y a une connexion des journalistes, des hommes politiques et sécuritaires également. Dès qu’il y a un évènement, on recoupe facilement l’information. Et l’autre observation, c’est le mode opératoire qui s’est passé à 2 kilomètres des frontières avec le Burkina Faso ; dans une zone où il n’y a pas de téléphone et des habitants isolés. Le mode d’opération ce n’est pas celui des jihadistes. Le sentiment qu’on a, c’est que ce sont des groupes qui ont quitté un pays, le Burkina-Faso est à côté ; de toute façon les enquêtes permettront de déterminer ce qui s’est passé. Ils sont venus attaquer ces villageois pour faire peur et créer le trouble ; parce que les Jihadistes généralement ont besoin de la complicité ou de la tolérance des populations locales. Donc, ce n’est pas une attaque Jihadiste. », a -t-il clarifié.

Avant d’ajouter : « (…), j’ai entendu parler de VDP, d’un groupuscule ; mais ce qui est important à dire, c’est que ce genre de situation mérite d’éclaircir les relations entre les VDP à la frontière et les autres populations qui sont de l’autre côté de la frontière…Certains ont estimé qu’il s’agit de personnes qui veulent semer des troubles à cause des élections en Côte d’Ivoire. Je dirai plutôt qu’il s’agit d’un texte, pour opposer les communautés entre elles. Il y a eu un mouvement de flux et de reflux. Dans la zone, il y a des VDP et des Dozos. Il faut faire très attention, parce que les assaillants ne viennent pas avec des voitures, puisqu’il n’y a pas de routes praticables. Il faut donc faire attention avec les engins à deux roues. Je ne vois pas un groupe organisé, je ne vois pas une rébellion ; mais un groupuscule avec probablement des idées politiques, qui veut tester le dispositif sécuritaire de la Côte d’Ivoire. Ce n’est pas un groupe forcément structuré, mais ce sont des brebis égarées, qui sont en train de tester un dispositif… »

Il a invité les autorités ivoiriennes à prendre toutes les mesures sécuritaires nécessaires pour rassurer les populations dans cette zone du pays.

Auteur: Daniel Coulibaly