Abidjan, le vendredi 3 octobre 2025(LDA)-L’Association professionnelle des services financiers décentralisés de Côte d’Ivoire (APSFB-CI) a organisé, en partenariat avec le cabinet ST2I et la société technologique tunisienne Talys, un workshop, le mercredi 1er octobre 2025 à Abidjan-Plateau, autour du thème : « AML et conformité : enjeux, défis et solutions pour les établissements financiers ivoiriens ».
Cette initiative s’inscrit dans une volonté collective des banquiers ivoiriens à renforcer les capacités des institutions financières face aux risques croissants liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme (AML/CFT), dans le cadre réglementaire de l’UEMOA.
Selon Daniel Beké, représentant le président de l'Association Professionnelles des Systèmes Financiers Décentralisés de Côte d'Ivoire-APSFB-CI, cette rencontre vise à favoriser le partage de bonnes pratiques, l’échange d’expériences concrètes et la présentation de solutions technologiques adaptées aux exigences de l’Union. « L’objectif est de renforcer la conformité et la résilience opérationnelle des institutions à travers une meilleure mise en œuvre du dispositif AML/CFT de l’UEMOA », a-t-il ajouté.
Dans un contexte de transformation numérique accélérée, Silim Mbazara, expert en digitalisation et Business Development Manager chez Talys, a mis l'accent sur la nécessité pour les établissements bancaires d’adopter des outils technologiques de dernière génération. « L’essor de l’intelligence artificielle et la digitalisation croissante des services imposent aujourd’hui des standards élevés en matière de traçabilité des opérations. Les banques doivent s’aligner sur ces nouvelles normes pour rester efficaces face aux risques de blanchiment », a souligné M. Mbazara.
Pour Paul Eric Sahly, Directeur général adjoint de ST2I, se conformer au dispositif AML/CFT de l’UEMOA n’est plus une option, mais une exigence réglementaire impérative. « Ce cadre légal vise à lutter contre le blanchiment d’argent et à protéger l’intégrité du système financier contre toute utilisation à des fins criminelles ou terroristes », a-t-il rappelé.
Participant à une table ronde, Alain Mathieu Badjé, Directeur de la conformité à la Société ivoirienne des banques et président de la Commission nationale de lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, a livré une analyse opérationnelle des défis rencontrés par les établissements financiers. « Il ne suffit pas de recevoir les textes. Il faut les traduire concrètement dans les pratiques internes : former les collaborateurs, adapter les procédures, voire développer de nouvelles solutions », a-t-il soutenu.
Représentant la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), le commissaire divisionnaire major François Djo Bi s’est félicité de l’implication croissante des institutions financières dans les obligations déclaratives. Il a toutefois précisé que certains mécanismes doivent encore être optimisés pour une meilleure efficacité.
Invité spécial de cet atelier de formation, Samir Brahimi, consultant international et ancien président du GAFI pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, a partagé son expertise sur les conséquences liées à l’inscription d’un pays sur la liste grise du GAFI. « Les États doivent prendre conscience des enjeux liés au blanchiment et adopter des dispositifs robustes, alignés sur les standards internationaux, sous peine de s’exposer à des sanctions et à un isolement financier », a-t-il averti.
Auteur: Eugène Yao