Print this page

Côte d’Ivoire/Droits de l’homme : des organisations de la société civile dénoncent les restrictions de liberté

Abidjan, le samedi 28 février 2026(LDA)-À l’occasion d’un panel organisé, le jeudi 26 février 2026, à Abidjan, par le Forum de la société civile pour l'Afrique de l'Ouest (Foscao.ci) sur le thème « Bilan de l’élection présidentielle et des élections législatives en Côte d’Ivoire », des acteurs de la société civile ont présenté le projet « Protect».

Dr Stéphane Kouadjo, directeur exécutif du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), a indiqué qu’il vise à renforcer l’espace civique et à améliorer la protection des défenseurs des droits humains.

« L’objectif est de favoriser la tenue d’élections inclusives et apaisées en Côte d’Ivoire, en renforçant la participation active de la société civile ivoirienne et des défenseurs des droits humains à toutes les étapes du cycle électoral », a-t-il expliqué.

Le projet s’articule autour de quatre axes majeurs :

• le monitoring et la documentation des violations des droits humains en période électorale ;

• la sensibilisation et la formation à l’éducation civique ;

• le renforcement de la protection des défenseurs des droits humains, ainsi que le plaidoyer aux niveaux national, régional et international, en fonction des réalités observées sur le terrain

  • Le plaidoyer

Concernant l’espace civique, les organisations dénoncent plusieurs restrictions des libertés, citant l’arrêté interministériel interdisant les marches et manifestations sur la voie publique, toujours en vigueur, ainsi que l’ordonnance du 12 juin 2024 relative à l’organisation de la société civile. Son article 22 est perçu comme une « épée de Damoclès » au-dessus des organisations. À cela s’ajoute l’arrêté d’octobre 2025 interdisant les meetings et manifestations, en dehors des périodes de campagne électorale.

Ces restrictions auraient été illustrées par les événements du 11 octobre 2025, qui se sont soldés par environ 700 interpellations. Les organisations évoquent également des textes encadrant strictement l’usage des réseaux sociaux et le travail des journalistes. Plusieurs cas ont été cités, notamment celui d’une étudiante victime de viol sur un campus universitaire, ainsi que les situations de Jean François Konan et du journaliste Ghislain Konan, sans oublier les violences enregistrées durant la période électorale de 2025.

Selon ces acteurs, l’ensemble de ces éléments documentés limite la liberté d’expression et d’action des organisations, et aurait contribué à impacter le taux de participation aux élections de 2025.

Face à cette situation, les organisations formulent plusieurs recommandations. Elles demandent la révision de l’ordonnance du 12 janvier 2024, afin de préciser que la dissolution d’une ONG doit relever d’une décision judiciaire et non administrative.

Elles invitent également les partenaires financiers à accompagner davantage les ONG dans leurs actions, appellent les organisations de la société civile à renforcer leurs capacités en matière de monitoring et de documentation, et à agir en synergie face aux défis. Elles exhortent les médias à mieux communiquer sur le rôle social des organisations de la société civile.

Financé par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre par quatre organisations — la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH), la Ligue ivoirienne des droits de l'Homme (LIDHO) et le Centre ivoirien pour les droits de l'Homme (CIDH) — ce programme s’étendra sur une période de 30 mois, de 2025 à 2027.

 

Auteur:
LDA Journaliste